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Entretien avec Habib Sayah : Panorama de la révolution tunisienne

Publié sur Enquête & Débat le 21 janvier 2011

Entretien avec Habib Sayah, jeune tunisien, étudiant en droit à la Sorbonne. Habib Sayah préside par ailleurs le think-tank français Energie Libérale.

Nous avons tous été surpris par la chute de Ben Ali. Comment se fait-il qu’il a été déchu si rapidement ?

Il est vrai qu’un mois auparavant, dans l’esprit des Tunisiens, Ben Ali était encore ce dictateur immortel, indéboulonnable et terrifiant. Pourtant, deux semaines après le début de cette révolte qui a duré près d’un mois, les gens commençaient à parler du départ du tyran. Ce mouvement qui a pris naissance à Sidi Bouzid suite à l’immolation d’un vendeur ambulant, dont la marchandise a été confisquée par les autorités, s’est étendu rapidement à une douzaine de villes dans l’ensemble du pays. Mais nous avions peur de l’essoufflement du mouvement.

Nous attendions tous que Tunis, la capitale, se joigne à la contestation. Et quand Tunis s’est révoltée, nous avons su que c’en était fini de Ben Ali parce-que les classes moyennes ont à leur tour protesté, sachant que cette catégorie était la plus docile car ayant tout à perdre. La peur était annihilée. Or, cette peur était la pierre angulaire sur laquelle tout le régime de Ben Ali reposait. Une fois que toutes les régions et que toutes les milieux sociaux s’étaient affranchis de la peur, nous pouvions prédire la fin de la dictature. Puis, les Tunisiens ne pouvaient plus reculer. L’ensemble de la population était engagé et un relâchement aurait permis à la vengeance des autorités de s’abattre sur les innombrables voix qui avaient osé s’élever. Ce n’était donc qu’une question de temps. Mais j’avoue que nous pensions que Ben Ali tiendrait le coup encore quelques mois.

En quoi la peur permettait-elle à Ben Ali de se maintenir ?

L’homme qui avait mis en place une police de 120 000 hommes pour 10 millions d’habitants (la France en a autant pour 65 millions d’âmes), en usait pour terrifier le peuple. Je crois que la Tunisie était l’un des rares pays dont les habitants avaient peur de prononcer le nom de leur président, que ce soit pour en dire du bien ou du mal. Tout petit, je me souviens de mon amusement lorsque, dans les salons, j’entendais les adultes parler de la politique économique de « Tarzan », ou de la réception que « le Patron » dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom organisait en l’honneur du Président du Ghana…

Il faut dire que le génie de Ben Ali fut d’imprimer dans l’esprit des Tunisiens le schéma de la servitude volontaire, de l’autocensure. Les gens étaient terrorisés. Même à Paris, Montréal ou Bruxelles, les Tunisiens à l’étranger craignaient de parler de Ben Ali dans les lieux publics, de peur qu’un agent du Consulat ne les écoute. Cette peur justifiée par un appareil répressif redoutable empêchait toute opinion contestataire d’émerger. Une fois la barrière de la peur surmontée, plus rien n’empêchait les Tunisiens d’abattre ce régime dénué de toute légitimité.

Et Ben Ali avait des soutiens à l’étranger, notamment de la part de la France…

En effet, la France a apporté un soutien inconditionnel au dictateur, jusqu’à la dernière minute. Pour se défendre, le gouvernement français invoquait le devoir de non-ingérence, mais ce n’est pas de l’ingérence que l’on attendait de lui. Nous ne lui demandions pas de s’opposer au régime Tunisien, mais simplement de ne pas le soutenir, car la France a fait preuve d’un zèle inégalé dans son soutien à Ben Ali. De Mitterrand à Chirac, en passant par Jospin et Sarkozy, tous ont salué le prétendu « miracle économique » tunisien. Hier encore, Sarkozy déclarait que l’espace des libertés en Tunisie avait progressé, alors que la brutalité de la répression ne cessait de croître.

Je me permets de raconter à ce sujet une anecdote significative : il y a quelques jours, nous étions un groupe de onze jeunes tunisiens qui manifestions devant le Quai d’Orsay pour protester contre la venue du Ministre des Affaires Etrangères tunisien qui était reçu par Alliot-Marie alors même que les hommes de Ben Ali tiraient sur la population à balles réelles. Lorsque nous avons scandé « Ben Ali assassin ! La France complice ! », une cinquantaine de CRS armés de boucliers et de matraques a accouru pour nous encercler. Un agent des RG est ensuite venu recueillir nos noms, avant de nous indiquer qu’ils seraient transmis au Consulat de Tunisie, sachant que toute action à l’étranger susceptible d’écorner l’image du régime de Ben Ali se solde habituellement par une arrestation, du moins par un retrait de passeport au moment du retour en Tunisie. Nous avons ensuite été transportés vers l’Hôtel de Police – où nous avons passé une partie de la nuit – dans un fourgon avec une escorte composée de cinq voitures avec sirènes et gyrophares dignes d’un transfert de terroristes d’Action Directe. C’était ridicule.

Comment expliquez-vous cette attitude de la part de la France ?

Cela peut s’expliquer par la volonté d’assurer le maintien des liens économiques entre la France et la Tunisie. Mais il s’agit d’une analyse erronée, analyse que les Français ont sans doute adoptée dans leur aveuglement. La Tunisie est dépendante économiquement de la France, il faut l’avouer. La France n’avait pas besoin de recourir à la mesquinerie pour obtenir les marchés qu’elle convoitait. L’attitude Allemande semble être la bonne : ne jamais se rendre complice des injustices, mais les dénoncer la tête haute… ce qui n’empêche pas les Allemands d’emporter de gros marchés. La diplomatie française, non contente d’être dénuée d’éthique, a montré qu’elle ne voyait pas plus loin que le bout de son nez et que sa stratégie s’inscrivait dans le très court terme. Pour préserver ses intérêts immédiats avec Ben Ali, la France s’est durablement aliéné la confiance de la population tunisienne. Les gens ne sont pas prêts d’oublier l’attitude des gouvernements français successifs.

En revanche, les Etats-Unis, notamment depuis la nomination de l’ex-Ambassadeur Robert F. Godec (dont les télégrammes diplomatiques révélés par Wikileaks ont démontré une ferme opposition au régime de Ben Ali) n’ont jamais hésité à critiquer de manière frontale la dictature en Tunisie. L’Ambassade US à Tunis a reçu les membres de l’opposition et les représentants de la société civile et n’a cessé de faire pression sur le gouvernement tunisien pour élargir l’espace des libertés.

La France a justifié son attitude en affirmant que Ben Ali était un rempart contre l’islamisme. Or, les Etats-Unis ont compris que l’oppression constituait un terreau pour l’obscurantisme et l’extrémisme, en faisant échec à la dynamique moderniste qui animait la Tunisie depuis la fin du 19e siècle. L’Islamisme était anecdotique il y a peu. C’est les erreurs de Ben Ali qui ont favorisé sa vive émergence au cours de la décennie précédente.

A propos d’islamisme, on disait que la chute de Ben Ali favoriserait la victoire des islamistes aux prochaines élections. Qu’en est-il ?

La menace islamiste, bien que réelle, est à relativiser. La Tunisie a une tradition libérale dans sa pratique de l’Islam, notamment en ce qui concerne les rapports entre la religion et l’Etat. Nombreux sont les Tunisiens qui y sont solidement attachés.

En outre, lors des manifestations qui ont mené à la Révolution, les islamistes étaient quasiment absents. Ce mouvement était en grande partie apolitique et déconnecté de toute considération religieuse. D’ailleurs, la plupart des grands acteurs de la société civile qui ont soutenu la révolution étaient laïcs. Il faut également rappeler que le parti islamiste Enahdha est davantage assimilable au conservatisme qu’à l’intégrisme. Ennahdha ressemble plus à l’AKP turc qu’aux talibans afghans. Or, les médias français ont surfé sur la vague de la peur en brandissant la menace de l’intégrisme au cours des semaines précédentes. Aujourd’hui, les islamistes pourront participer à la vie politique tunisienne. Ils auront sans doute un poids non négligeable, mais ce sera l’occasion pour les forces vives laïques de remporter la bataille contre l’islamisme sur le terrain des idées, et nous avons une école de pensée très riche en matière de réformisme musulman, marquée par son libéralisme théologique qui s’inscrit dans la tradition initiée par Salem Bouhageb dès le 19e siècle.

En tout cas, la menace islamiste n’était pas une raison pour mettre fin à la Révolution. Le maintien de Ben Ali au pouvoir aurait, bien au contraire, servi les islamistes car l’ancien régime étouffait la société civile laïque qui est le seul véritable rempart contre l’obscurantisme.

Avez-vous d’autres reproches en ce qui concerne le traitement de l’actualité tunisienne par les médias français ?

Les médias français ont, pour la plupart, présenté une vision erronée de la révolte tunisienne. Ils l’ont mise sur le même plan que la révolte algérienne, la « révolte du sucre » qui, elle, était d’ordre purement social. En Tunisie, les premières manifestations ont répondu à l’immolation d’un jeune homme qui réclamait la liberté d’entreprendre. Mohamed Bouazizi, qui s’était vu confisquer sa marchandise, revendiquait le droit d’entreprendre pour s’en sortir par ses propres moyens, étant donné que l’emploi ne lui était pas assuré. Cet homme n’a pas demandé un RMI, encore moins un emploi subventionné. Par la suite, si elles ont porté des revendications sociales légitimes, les manifestations ont essentiellement visé à la contestation de la dictature sous tous ses aspects. Les médias français parlaient de troubles sociaux…

Des troubles, il y en a encore… Malgré la chute de Ben Ali !

Dès le départ du dictateur, le chaos s’est vite répandu sur tout le territoire. Depuis des années, nombreux sont les Tunisiens qui craignaient ce chaos, assimilant la liberté à l’anarchie. Or, ce chaos n’était pas le fait de citoyens avides, mais bien l’œuvre des hommes de Ben Ali. Il avait, en effet, mis en place une milice composée de policiers et de membres du parti RCD. Dès le début des manifestations, le Président leur avait donné l’ordre de piller et de saccager des biens privés et publics en vue de faire porter le chapeau aux manifestants, d’alimenter la crainte du chaos et de désolidariser la population qui soutenait la révolte. Mais les Tunisiens n’étaient pas dupes. Sur les réseaux sociaux, des témoignages et des vidéos largement diffusés ont prouvé que les pillages étaient le fait de la police.

A la suite du départ de Ben Ali, ces milices ont continué à agir, commettant des viols, tirant sur les passants, saccageant des commerces, s’introduisant dans les foyers… Nous ne savons pas si elles agissent de manière autonome ou si elles sont encore sous les ordres de Ben Ali. Peut-être bénéficient-elles du soutien logistique de la Lybie, qui s’est montrée critique à l’égard des aspirations révolutionnaires des Tunisiens…

Le calme est-il revenu ?

L’armée s’est déployée et a mené tous les efforts pour neutraliser ces milices. Le calme revient peu à peu. Mais je tiens à saluer l’attitude de la population tunisienne face à ces milices.

Quelle attitude ?

Les effectifs de l’armée étaient insuffisants et les hommes de Ben Ali étaient nombreux à mener cette politique de la terre brûlée. La coopération de la population était cruciale.

Déjà, lors des manifestations, nous avons vu les habitants sortir dans la rue, munis de pelles, pour nettoyer les rues dévastées par les affrontements avec la police anti-émeute, car ces manifestants voulaient la chute de Ben Ali, pas le chaos. Des collectes de dons ont également été organisées par les jeunes dans les quartiers pour subvenir aux besoins des victimes de la police. Ce bénévolat qui a permis d’assurer l’ordre public et la solidarité en l’absence de l’Etat est le signe d’une grande maturité.

Lorsque Ben Ali est parti et que ses milices ont continué à attaquer la population, nous avons vu des « comités de quartier » se former dans tous les coins de la Tunisie. Des jeunes et des moins jeunes, tous milieux sociaux confondus, armés de bâtons, ont immédiatement organisé des patrouilles, mis en place des barrages et traqué les miliciens pour protéger leurs maisons, celles de leurs voisins, ainsi que les commerces. C’est un formidable exemple d’ordre spontané ! Non seulement ils n’ont pas profité du désordre pour piller à leur tour, mais ils ont fait preuve d’une solidarité remarquable en prenant en main leur destin et en assurant l’ordre et la sécurité à un moment où l’Etat n’en était pas capable. Oui, les Tunisiens semblent matures et dignes de la liberté dont ils se sont emparés.

Comment se passe maintenant la transition ?

Un gouvernement de transition a été mis en place, non sans quelques remous. Le Premier Ministère, ainsi que plusieurs portefeuilles-clés ont été conservés par les membres du RCD.

L’implication des partis d’opposition dans le gouvernement n’est pas une priorité. Ceux-là devront faire leurs preuves lors des prochaines échéances électorales. Le défi actuel est d’assurer la transition et de balayer les stigmates de l’ancien régime. Or, ce n’est pas la présence du RCD dans le gouvernement qui va permettre d’y parvenir. D’autant que la compétence de certains ministres RCD, tels que M. Friaa, mathématicien de formation, qui a conservé le Ministère de l’Intérieur, est très douteuse. Sans oublier le passif de certains en matière de corruption…

L’approche idoine semble être la nomination de personnalités indépendantes, apartisanes, dont la compétence est reconnue, et dont l’opposition à Ben Ali est notoire. Dans cette optique, on peut se féliciter de la nomination d’Ahmed Ounaïes (fin diplomate et penseur brillant) et d’Yadh Ben Achour (juriste remarquable). Nous avons suffisamment d’hommes et de femmes intègres et dotés d’une compétence redoutable pour ne pas être contraints à recourir encore aux services des valets de Ben Ali…

Comment la population a-t-elle réagi à la mise en place de ce gouvernement ?

A cela, de nombreux Tunisiens ont répondu en manifestant pour demander la dissolution du RCD et la démission des ministres RCD. Plusieurs ministres issus de l’opposition ont démissionné, se joignant à la critique populaire.

Certains tunisiens ont l’impression que le régime de Ben Ali survit encore. Le gouvernement ne se plie pas à la volonté de la population sur des questions essentielles. Il faut donner satisfaction aux Tunisiens à l’heure actuelle.

Le gouvernement s’obstine à maintenir en vie le RCD, tandis que les manifestants scandaient « Le parti de la Constitution succombera (RCD) ! Le bourreau du peuple succombera ! ». Pour ma part, je suis favorable au démantèlement du RCD, d’autant plus qu’au vu de ses activités criminelles et terroristes (les milices), nous avons les bases légales pour une dissolution judiciaire. Les anciens du RCD sont libres de participer à la vie politique tunisienne, en formant de nouveaux partis ou en rejoignant des partis existants, mais le RCD en tant que structure doit disparaitre.

Comment expliquer l’attitude du gouvernement ?

Si la population n’est pas habituée à la liberté et à la démocratie, les ministres RCD encore moins ! Certains parlent de la compétence des technocrates du parti de Ben Ali, mais ils semblent oublier que ces hommes ont gouverné pendant 23 ans sans jamais avoir à tenir compte de l’opinion publique. Ils n’ont ni l’expérience ni les compétences pour gouverner dans ce nouveau paradigme car leurs déclarations récentes démontrent qu’ils ne savent pas anticiper l’impact de leurs actions sur l’opinion publique. Des ministres comme Friaa ou Ghannouchi semblent mimer l’attitude adoptée par Ben Ali lors des dernières semaines, à savoir le jeu de la carotte et du bâton, sachant qu’aujourd’hui le bâton se trouve entre les mains du peuple.

A de fortes revendications populaires, on répond par de maigres concessions et une langue de bois maladroite. Or, les Tunisiens sont éveillés et n’ont plus peur de s’exprimer. Le gouvernement ne peut pas les duper, et doit faire face au redoublement de la contestation et à la perte de confiance. Au lieu de plier, le gouvernement continue de répondre par des concessions ridicules. Quand le peuple réclame la dislocation du RCD et la saisie de son patrimoine, ce n’est pas la dissolution de son Politburo qui va calmer le jeu. A force de répéter ce schéma (utilisé par Ben Ali lors de ses trois derniers discours en tant que président, et qui s’est soldé par un échec retentissant), le gouvernement va s’aliéner la confiance de la population, renforcer le mouvement de contestation et ainsi ralentir la reprise économique. Cette stratégie inutile ne tiendra pas et aboutira à l’inéluctable disparition du RCD, mais avec des pertes supplémentaires, car les Tunisiens sont déterminés à en découdre avec le RCD. Et il succombera au prix de manifestations répétées. En maintenant le RCD, le gouvernement divise la population et favorise le désordre, d’autant que les partis d’opposition impliqués dans le gouvernement transitoire laissent la rue aux islamistes qui, jusque-là silencieux, vont sans doute en profiter pour récupérer la contestation du RCD.

La confiance est le terreau sur lequel la transition doit se construire, pour que la page soit tournée et que la vie reprenne. Mais la dissolution du RCD est le symbole indispensable pour que les acteurs de la transition gagnent la confiance de la population. Ils doivent montrer patte blanche.

La communication avec le gouvernement est-elle si difficile ?

Il doit y avoir un dialogue incessant entre le gouvernement et la population. Les responsables, dont l’objectif affiché est « l’union nationale », doivent absolument tenir compte des messages que leur adresse la rue.

Les vecteurs des messages des Tunisiens reprennent vie à travers le développement de plateformes de débat en ligne (comme le site Nawaat.org), mais aussi la réappropriation des médias publics. Cependant, la Tunisie doit se doter des structures d’expression de l’opinion publique qu’une scène politique moderne doit posséder. J’appelle de mes vœux l’apparition d’instituts de sondage dignes de ce nom, car dans une société moderne les messages ne passent pas forcément pas la rue, qui doit rester un ultime recours. Qui sait ? Peut-être que la Tunisie développera dans ce domaine des compétences qu’elle pourra exporter chez ses voisins…

Que comptent faire les jeunes ?

Les jeunes tunisiens s’expriment abondamment sur la Toile, relaient l’information, diffusent leur opinion. Par ailleurs, de nombreuses initiatives ont été lancées, en vue d’œuvrer pour la concrétisation des espoirs de la Révolution et de préparer les prochaines élections. Je crois que la société civile tunisienne va se reconstruire très rapidement, car son émergence, portée par ces initiatives, répond à un besoin pressant.

Pour ma part, j’estime que les deux objectifs à atteindre au cours des prochains mois sont, d’une part, la diffusion des idéaux de liberté et la défense de la laïcité au sein de l’opinion publique tunisienne ; d’autre part, je souhaite l’émergence d’une force politique libérale et centriste, en vue d’offrir une alternative aux tunisiens qui ne se reconnaissent ni dans l’islamisme ni dans la vieille opposition soixante-huitarde.

Propos recueillis par Jean Robin

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